Le clonage humain face au droit

Auteur : Roberto ANDORNO

Avec le clonage, en février 1997, de la brebis Dolly, l'on a pris conscience des possibilités offertes par la science et en parallèle de la nécessité d'une réflexion éthico-juridique profonde en la matière. Le clonage, qui correspond à la réplique d'un matériel biologique déterminé, peut avoir une visée reproductive ou thérapeutique. S'il ne fait que reproduire artificiellement un phénomène naturel (jumeaux monozygotes), bon nombre d'auteurs, à l'instar de H.Jonas font du hasard de la combinaison des informations génétiques d'un homme et d'une femme, la condition de la liberté du futur enfant. C'est cette liberté des générations à venir à l'égard des manipulateurs actuels que la loi doit protéger de manière inconditionnelle. Les arguments pour et contre le clonage thérapeutique renvoient à la discussion relative à la recherche sur l'embryon. Des normes juridiques ont été adoptées dans un dessein de prévention du clonage humain. Au plan international, peut-on citer la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'homme de l'UNESCO ainsi que la Convention d'Oviedo de 1997. A l'échelle nationale, les lois bioéthique de 1994 n'ont pas prévu son interdiction explicite. Dans un avis du 22 avril 1997, le Comité consultatif national d'éthique a finalement fait connaître son rejet du clonage reproductif.

Roberto ANDORNO

Docteur en droit, chercheur au Département Ethik und Geschichte der Medizin Université de Göttingen

Thème : Éthique médicale/Bioéthique

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