La détérioration mentale

Droit, histoire, médecine et pharmacie

Auteurs : Charles B. AIRAUDO, Yves BAILLE, Christian BRUSCHI, Anne CAROL, Geneviève CASILE-HUGUES, Mathieu CECCALDI, M.-Y. CRÉPIN, Éric DE MARI, Gaëtan DI MARINO, Laurence GUIGNARD, Antoine LECA, Jean-Louis MOURALIS, Guylène NICOLAS, Christine PENY, Emmanuel PUTMAN, Carmen RAUCH, Olivier THOLOZAN, Henry ZATTARA

"Le mot folie n’est pas un terme que les médecins aiment utiliser. Ce n’est pas un mot du langage médical. C’est un mot de la langue littéraire et philosophique, qui désigne, tout à la fois, le désordre moral, l’erreur de jugement, le manque de prudence et l’incohérence des conduites. En ce sens, le mot folie s’oppose à raison et à sagesse.

Mais, on le voit déjà, la difficulté qu’il y a à parler de l’histoire de la folie car les limites entre la conception philosophique et la conception médicale des troubles de l’esprit sont floues et ceci entretient, depuis les origines, en permanence, des malentendus. Dans une première approche globale, on peut dire que le fou c’est celui qui est différent, plus ou moins différent, mais différent de moi ; moi qui vis dans un groupe, bien adapté à ce groupe, dont je respecte les règles de vie et de pensée ; dans ce groupe qui revendique la normalité et qui sait garder raison.

Je fais partie de ce groupe qui me rassure tandis que l’autre, le fou, au contraire m’inquiète et me fait peur.

Au fil de l’histoire, le fou sera l’insensé, puis il sera l’aliéné et enfin, mais c’est tout récent, on parlera de malade mental. Au début de l’histoire, dans l’Antiquité, il y a l’insensé. L’insensé c’est celui qui ne sait pas maîtriser ses passions, qui ne recherche pas la sagesse, mais c’est aussi celui qui refuse la loi divine. L’Insensé s’oppose au Sage. À la fin du XVIIIe siècle apparaît le mot aliéné. C’est toujours du fou dont on parle, mais le terme même d’aliéné désigne celui qui est hors de lui et hors du groupe. C’est déjà plus restrictif. Au XXe siècle, on ne parle plus d’insensé ou d’aliéné, on parle de malade mental. C’est, enfin, la médicalisation de la folie : le malade mental est un malade comme un autre, un malade qui souffre. Le médecin s’occupe alors, réellement, du malade mental et l’aliéniste devient psychiatre.

Nous centrerons ces quelques réflexions sur la manière dont la société a considéré la folie et s’est conduite par rapport au fou, à travers les ages."


Éléments pour une histoire de la folie,
Avant-propos du professeur Yves Baille

Préface
Antoine LECA

Avant-propos - Éléments pour une histoire de la folie
Yves BAILLE


Aspects cliniques de la détérioration mentale d'origine neurologique
Mathieu CECCALDI

Histoire et acquis actuels de la psychopharmacologie thérapeuthique
Charles B. AIRAUDO

L'altération des facultés mentales en droit romain
Christian BRUSCHI

Les catégories juridiques de la détérioration mentale dans l'histoire du droit
Antoine LECA

Le diagostic judiciaire de la démence au XVIIIe siècle
M.-Y. CRÉPIN

Qu'est-ce qu'un fou ?
Éric DE MARI

Prouver la folie aux Assises, 1791-1865
Laurence GUIGNARD

Le point de vue de la médecine légale : aliénation mentale et responsabilité
Anne CAROL

La "biocratie" contre le crime selon Edouard Toulouse (1865-1947)
Olivier THOLOZAN

Le droit pénal et la criminologie face à l'altération des facultés mentales
Geneviève CASILE-HUGUES

La preuve médicale de l'altération des capacités mentales : aspects éthiques
Carmen RAUCH

L'altération des facultés mentales et le sort des procédures pénales
Gaëtan DI MARINO

Le droit face à l'altération des capacités mentales : Altérations mentales et secret médical
Henry ZATTARA

Famille et trouble mental
Emmanuelle PUTMAN

La preuve de l'altération des capacités mentales et son incidence sur le droit des contrats
Jean-Louis MOURALIS

La genèse de la loi du 27 juin 1990 : évaluation de la réforme du statut des personnes atteintes de troubles mentaux
Christine PENY

L'altération des capacités mentales et le juge administratif
Guylène NICOLAS

Geneviève CASILE-HUGUES

Geneviève Casile-Hugues est maître de conférences HDR à la faculté de droit et de science politique d’Aix-Marseille (AMU), membre du Centre de droit de la santé ­d’Aix-Marseille (UMR ADÉS 7268, AMU-EFS-CNRS).

Antoine LECA

Antoine Leca est agrégé des facultés de droit, professeur à l’université Paul Cézanne d’Aix-Marseille et directeur du CDSA (EA n° 3242).

Guylène NICOLAS

Guylène NICOLAS est maître de conférences de droit public, HDR au Centre de droit de la santé (UMR 7268, ADÉS, AMU/EFS/CNRS).

La détérioration mentale

21,60 €

Fiche technique

Parution numérique : août 2012
Version imprimée publiée
en juillet 2002

Collection : Colloques du CDSA

Support : Numérique

ISBN : 978-2-84874-388-2

ISSN : en cours

Format : 160x240 mm

297 pages