Avant-propos. Monopole : un gros mot ?

Auteur : Antoine LECA

Il ne semble pas possible d’aborder la question du monopole médical sans opérer au préalable une brève rétroprojection historique, qui conduit à distinguer deux situations bien différentes. Comme on va le voir, en France et dans les pays méditerranéens, avec des structures étatiques verticales, héritées de l’Empire romain, l’État et le droit ont imposé depuis longtemps un grade universitaire pour exercer la médecine et l’art de guérir a été peu à peu réservé aux seuls diplômés des établissements d’État, au détriment des praticiens formés de façon hétérodoxe et surtout
empirique. La colonisation aidant, ce système a été transposé outre-mer, où il est toutefois en recul. A contrario, les pays d’Europe du Nord ignorent ce monopole médical étatiquement consacré et tendent aujourd’hui à la liberté des soins. En d’autres termes, le monopole médical n’est pas une certitude universelle, mais l’aboutissement d’une histoire singulière, marquée par la précocité et l’étendue de l’interventionnisme étatique, voire certaines habitudes culturelles. Cette bipartition n’est pas sans incidence sur le statut des alternothérapies, qui ont une place restreinte dans les premiers pays et une place plus ample dans les seconds.

Antoine LECA

Directeur du Centre de droit de la santé d’Aix-Marseille, professeur agrégé de droit, Aix-Marseille univeristé, (UMR Adés, n° 7268)

Le monopole médical en question (n° 28)

15 €

Fiche technique

Les cahiers de droit de la santé

Support : Numérique

ISSN : 2427-4836

3 pages

Page 2 à 9