John Locke, la médecine pratique et la politique économique

Auteur : Rasoul NAMAZI

Depuis Platon et Aristote et jusqu’aux penseurs médiévaux et modernes, la référence à la médecine constitue une des métaphores les plus influentes dans la pensée politique : dans ce discours métaphorique, le corps politique est comparé au corps humain, la stabilité politique est la santé, les crises politiques sont les maladies, la dissolution est la mort et le politique est le médecin. La métaphore prend un nouvel élan quand le penseur politique qui analyse et recommande certaines actions politiques est lui-même médecin. C’est précisément le cas de John Locke, le philosophe politique que Voltaire aimait appeler « le sage Locke ». Il faut garder à l’esprit que la séparation de la philosophie d’avec la médecine, qui a conduit à en faire des activités indépendantes et autonomes, est un développement relativement récent de l’histoire des savoirs. Durant une période relativement longue, les philosophes s’intéressèrent aussi bien à l’éthique et la métaphysique qu’à la chimie, la botanique et la médecine. Locke appartient à une longue tradition de « médecins philosophes » qui remonte à Galien et Aristote, en passant par Avicenne en terre d’Islam et Maïmonide pour le judaïsme.
 

Médecins et politique (XVIe-XXe siècles) (n° 29)

15 €

Fiche technique

Les cahiers de droit de la santé

Support : Numérique

ISSN : 2427-4836

7 pages

Page 59 à 65