La personne et la théorie du genre ou le mélange des genres

Auteur : Jean-Marc TRIGEAUD

Tout en confirmant des connaissances acquises, la théorie du genre souffre d'une indigence de fondement scientifique. Il s'agit de faire apparaître les voies argumentatives contradictoires et sophistiques où elle s'engage. Elle y usurpe des compétences empruntées à une philosophie qu'elle ne maîtrise pas, à moins de reprendre implicitement une sorte de vulgate phénoménologique assimilant abusivement l'acte d'exister de la personne humaine à ses pratiques relationnelles extérieures, et n'en rendant nul compte dans un débat ouvert. Elle repose ainsi sur des présupposés dogmatiques en forme de malentendus manipulant les intelligences et qui se répandent gravement au sujet de la personne dans le domaine éthique et juridique quand ce domaine touche notamment au coeur de la matière médicale. Et il ne faut donc pas s'étonner des confusions qu'elle ne cesse d'entretenir en glissant de la généralité à l'universalité, du moyen à la fin, du conditionnement à l'essence, de "ce qui appartient à" à "ce qui fait que la chose est ce qu'elle est" (langage socratique oblige), de la modalité d'être à son identité. En bref, c'est, à travers divers exemples significatifs, la notion même de liberté ontologique inhérente à la dignité humaine, et telle qu'elle est encore juridiquement protégée, qu'elle occulte.

Jean-Marc TRIGEAUD

professeur à l'université Montesquieu Bordeaux IV

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