Un siècle d’iniquités dans l’accès aux études médicales en France – du numerus clausus vichyste à la « savonnette à vilains » roumaine

Auteur : Antoine LECA

La crainte fantasmatique d’un excédent de médecins et d’un surencombrement des facultés de médecine
est un vieux poncif médical. Il a été porté depuis des lustres par une profession, inquiète à l’idée de voir
ses revenus se réduire. Cette crainte est ancienne, totalement infondée et néanmoins elle a toujours
fortement influencé les décideurs politiques, en raison du nombre de médecins élu dans les assemblées
parlementaires et présent dans les ministères. Elle illustre la force (invincible ?) d’une erreur… et celle
du lobbying médical. Ce poncif est à l’origine d’une politique malthusienne de l’État qui a mis sur
pied un système injuste : la sélection favorise le bourrage de crâne, la mémoire, le pur par coeur et
les étudiants, scolairement bien armés, issus de milieux sociaux favorisés soutenus par une coûteuse
préparation privée. De plus l'État n’a pas anticipé le fait que les familles économiquement favorisées
avaient la faculté de contourner le numerus clausus en s’adressant à des établissements universitaires
étrangers publics et privés, suspectés par certains détracteurs d’avoir un bas niveau académique.

Antoine LECA

Antoine Leca est agrégé des facultés de droit, professeur à l’université Paul Cézanne d’Aix-Marseille et directeur du CDSA (EA n° 3242).

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