Résumé
Réflexion critique sur les présupposés de philosophie juridique et éthique qui se situent à l’arrière-plan de débats de Droit au sujet des actes susceptibles d’être accomplis sur le corps humain et visant à le diminuer ou à abréger sa vie en raison de ses souffrances. Le principe de « l’intangibilité du corps » paraît en ressortir pour s’affirmer avant tout processus proprement politique ouvrant la voie à des exceptions législatives ou réglementaires. Encore faut-il s’interroger, avec l’humilité d’accepter le concret singulier de l’existence, sur une loi qui est plus « naturaliste » que naturelle, ou inhérente à la nature de l’Homme, et qui se dégage de moeurs, voire d’usages constants, et qui adapte un principe qu’au fond ils ne démentent pas, même si l’on concède sans cesse que l’Homme est « celui qui ne voulait pas mourir », comme le qualifie le mythe mésopotamien de Gilgamesh.
Mots-clés
Sources du droit – Preuve et présomption – Ontologie du corps et de l'esprit – Dignité de la personne –
Liberté morale
Abstract
A critical reflection on the presuppositions of legal and ethical philosophy underlying legal debates concerning acts that may be performed on the human body with the aim of diminishing it or shortening its life on account of suffering. The principle of the “inviolability of the body” appears to emerge from these debates and to assert itself prior to any properly political process that might pave the way for legislative or regulatory exceptions. Yet this calls for reflection, with the humility of accepting the singular concreteness of existence, on a law that is more “naturalistic” than natural, or inherent in human nature, and that emerges from customs, even established practices, and adapts a principle that, at bottom, they do not contradict, even if it is continually conceded that Man is “he who did not want to die,” as he is described in the Mesopotamian myth of Gilgamesh
Keywords
Sources of law – Evidence and presumption – Ontology of body and mind – Human dignity – Moral freedom