Résumé : Ce texte interroge la communication interdisciplinaire entre médecins et juristes en matière de réparation du dommage corporel. L’analyse lexicographique de plusieurs concepts fondamentaux (consolidation, aggravation, déficit fonctionnel permanent, préjudices d’agrément et sexuel) révèle que les mêmes termes recouvrent fréquemment des acceptions divergentes selon la profession considérée. Ces divergences sémantiques, loin d’être anecdotiques, traduisent des réalités épistémologiques distinctes : le discours médical s’inscrit dans une rationalité scientifique centrée sur la pathologie, tandis que le raisonnement juridique relève d’une logique normative d’indemnisation des préjudices. L’étude constate également des hétérogénéités intraprofessionnelles et des écarts entre pratiques et textes de référence. Cette situation requiert un effort continu de clarification terminologique pour assurer l’efficacité de l’expertise médico-légale.
Mots-clés : communication médico-légale, nomenclature Dintilhac
Abstract: This text examines interdisciplinary communication between physicians and legal professionals in personal injury compensation. Lexicographic analysis of several fundamental concepts (consolidation, aggravation, permanent functional deficit, amenity and sexual prejudices) reveals that identical terms frequently encompass divergent meanings depending on the profession in question. These semantic
divergences, far from being anecdotal, reflect distinct epistemological realities: medical discourse operates within a scientific rationality centred on pathology, whereas legal reasoning follows a normative logic of prejudice compensation. The study also identifies intra-professional heterogeneities and discrepancies between practices and reference texts. This situation necessitates continuous terminological clarification efforts to ensure the effectiveness of medico-legal expertise.
Keywords: medico-legal communication, Dintilhac nomenclature