Résumé : Les troubles dans les conditions d’existence occupent une place centrale mais non autonome dans l’indemnisation du dommage corporel. Issus du principe de la réparation intégrale et précisés par une construction jurisprudentielle et législative progressive, ils ont été définitivement rattachés à l’atteinte fonctionnelle par l’arrêt d’assemblée plénière de la Cour de cassation du 19 décembre 2003. L’article montre que ces troubles constituent une composante de plusieurs postes de préjudice, notamment le déficit fonctionnel temporaire et permanent pour les victimes directes, ainsi que certains préjudices
extrapatrimoniaux des victimes indirectes. S’il apparaît indispensable de recourir à l’expertise médicale pour décrire les déficits fonctionnels, l’évaluation des troubles dans les conditions d’existence relève principalement de l’analyse juridique et factuelle, et non d’une appréciation médico-légale chiffrée.
Mots-clés : troubles dans les conditions d’existence, déficit fonctionnel, dommage corporel, expertise médicale, nomenclature Dintilhac
Abstract: Disturbances in conditions of existence play a central yet non-autonomous role in personal injury compensation. Rooted in the principle of full compensation and shaped by progressive legislative and judicial developments, they were definitively attached to functional impairment by the Court of Cassation’s plenary ruling of 19 December 2003. This article demonstrates that such disturbances constitute a component of several heads of damage, particularly temporary and permanent functional deficits for direct victims, as well as certain non-pecuniary losses suffered by indirect victims. While medical expertise is essential to describe functional impairments, the assessment of disturbances in conditions of existence
primarily falls within the scope of legal and factual analysis rather than quantified medico-legal evaluation.
Keywords: disturbances in conditions of existence, functional deficit, personal injury, medical expertise, Dintilhac nomenclature