La laïcité : garantie d’un lien apaisé entre santé et religion à l’hôpital

Auteur : Christian BYK

L’hôpital est un service public de soins qui respecte la conscience des patients. C’est un lieu de techniques biomédicales confrontées à l’éthique, aux croyances et aux pratiques religieuses.

I – L’hôpital, un lieu de soins qui respecte la conscience des patients

A - L’hôpital, un service public de soins

1 - L’hôpital soigne tous les corps sans se préoccuper des consciences

2 - Le service public hospitalier observe le principe de neutralité

B - L’hôpital, un lieu d’accueil

1 - Le respect de la liberté de conscience et de religion des patients

2 - Une seule limite : le primat de la finalité hospitalière

II – L’hôpital, un lieu de « techniques » confronté à l’éthique, aux croyances et aux pratiques religieuses

A - Quand les pratiques religieuses (ou philosophiques) sollicitent l’hôpital

1 - Quant la pratique religieuse conduit à une option claire

2 - Les arrangements ambigus ou difficiles entre l’hôpital et les religions

B - Les progrès de la biomédecine à l’hôpital et le choix des valeurs

1 - La bioéthique, une bioéthique laïque

2 - L’intégration de la bioéthique à l’hôpital

Christian BYK

Auteur de Traité de bioéthique, Vers une nouvelle utopie civilisatrice (Collection Pratiques professionnelles)

Christian BYK, vous êtes un spécialiste connu et reconnu mondialement de la bioéthique. Qu’est-ce que la bioéthique ? Peut-on parler de bioéthique ? À quoi ça sert ?

Christian Byk : La bioéthique est une réflexion sur les pratiques nées du développement de la biomédecine ; elle vise à s’interroger sur l’équilibre entre une liberté plus grande d’intervention sur le vivant et la responsabilité tant individuelle que sociale qui en découle.

Quels sont les enjeux pour nos sociétés, pour l’Humanité ?

Christian Byk : Notre société est une société technoscientifique, c’est-à-dire qu’elle ne se contente plus de produire des objets nouveaux et en masse, comme dans la société industrielle, mais elle transforme la réalité à travers les applications de la technoscience que sont la biomédecine ou l’Internet, par exemple. Elle a ainsi tendance à « s’approprier » le vivant, y compris humain, d’où des questions juridiques, éthiques et sociales, voire anthropologique. La bioéthique a précisément pour objet de mobiliser l’ensemble des sciences sociales et humaines, trop lontemps négligées par le « modèle » de la société moderne afin de donner un « accompagnement » critique au développement technoscientifique.

En quoi votre ouvrage constitue-t-il un traité ? Qu’apportet-il à la communauté ? À qui s’adresse-t-il ?

Christian Byk : Un traité n’est pas autre chose qu’un ouvrage académique qui se propose d’étudier de façon détaillée un sujet précis. Or, la bioéthique, si elle a donné lieu à de nombreux ouvrages sur les différents aspects des sciences de la vie, voire à des analyses théoriques mettant l’accent sur telle ou telle approche, n’avait jusqu’à présent jamais fait l’objet d’une analyse pour ce qu’elle est réellement. C’est l’objet de ce livre qui s’intéresse à l’histoire et aux sources de la bioéthique, à ses outils (langage, méthodes et institutions) et au débat qui en est le fruit. À travers un regard précis et rigoureux sur ce que la bioéthique contribue à mettre en place (un nouveau droit, de nouveaux pouvoirs, la mondialisation), il pose la question de savoir quelle est l’ambition de la bioéthique et suggère que cette « reconstruction » du monde se fasse autour d’une résurgence du sens de la responsabilité. Dans cette perspective, ce livre n’est pas un ouvrage « technique » mais une clé pour la réflexion de chaque citoyen, pour qu’il perçoive qu’il y a un futur commun à l’humanité et qu’il peut y apporter sa contribution.

Thème : Droit des établissements de santé, Philosophie/Sociologie/Histoire

Santé, religion et laïcité (n° 13)

15 €

Fiche technique

Les cahiers de droit de la santé

Support : Numérique

ISSN : 2427-4836

17 pages

Page 147 à 163