Faut-il instaurer une dérogation au secret médical vis-à-vis des sportifs de haut niveau?

Auteur : Cécile MANAOUIL

Le sport, exercé à haut niveau implique la conciliation de deux impératifs à première vue antagonistes : le strict respect du secret médical et la lutte contre le dopage. Si l'infraction pénale de dopage a été supprimée par la loi du 28 juin 1989, celui-ci n'en reste pas moins une cible privilégiée des pouvoirs publics. L'intervention des médecins dans leur ensemble devient un outil efficace dans le suivi des sportifs. Le médecin doit en effet prodiguer les soins nécessaires, tout en veillant à ne pas faire courir le risque d'un contrôle positif. En cas de constatation de dopage, il transmettra ses conclusions au médecin responsable de l'antenne médicale sous peine d'encourir des sanctions disciplinaires. Dans l'hypothèse d'un certificat de contre-indication, le sportif souhaitant exercer son droit au secret médical ne verra-t-il pas planer une suspicion systématique de dopage alors même que d'autres raisons ont motivé son inaptitude ? Les pressions médiatique et financière ne sont-elles pas irrésistibles ?

Cécile MANAOUIL

Maître de conférences en médecine légale et droit de la santé, CEPRISCA, EA 3911, Amiens

Thème : Organisation des professions/Déontologie, Éthique médicale/Bioéthique

secret médical dopage certificat d'aptitude au sport sportifs de haut niveau