Le refus de traitement chez la personne âgée : quelle dignité pour l'homme ?

Auteurs : Jean-Michel BOLES, Christilla GLASSON, Cyril HAZIF-THOMAS

La possibilité de refuser un traitement, éventuellement dans le cadre de directives anticipées, a été consacrée par le législateur. Mais la légitime autonomie ainsi restituée au patient ne doit pas faire oublier sa vulnérabilité propre, en particulier s'il s'agit d'une personne âgée : vulnérabilité physique, mais aussi vulnérabilité psychologique et sociale. Aussi, face à un refus de traitement le médecin a-t-il le devoir de s'assurer que la décision du patient est sérieuse, constante, libre et éclairée. La maladie, la souffrance, la dépression peuvent, en effet, affecter gravement le discernement et amener à un refus inapproprié. Un refus de traitement peut être seulement la quête, consciente ou non, d'une attention plus soutenue ou l'expression d'une angoisse. Il est parfois, au contraire, pour le patient, la revendication légitime d'un droit à participer activement à la décision médicale qui le concerne. Dans tous les cas, il est un appel à davantage de considération de sa dignité personnelle et inconditionnelle.

Jean-Michel BOLES

Professeur de réanimation médicale, chef du service de réanimation du CHU de Brest, membre de la jeune équipe Éthique, professionnalisme et santé, codirecteur de l'Espace éthique de Bretagne occidentale

Christilla GLASSON

Maître de conférences en droit privé (université de Bretagne-Sud), membre de l'Institut de recherche sur les entreprises et administrations, chercheur associé d'Éthique, professionnalisme et santé, membre du comité d'éthique du CH de Bretagne occidentale

Cyril HAZIF-THOMAS

Psychiatre du sujet âgé, CHU de Brest, membre de la jeune équipe Éthique, professionnalisme et santé

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