Enjeux et risques des neurosciences : l’homme augmenté ?

Auteur : Bernard BIOULAC

Les progrès accomplis dans le champ de la biologie, et particulièrement celui des neurosciences, ont acutisé l’immémorial désir de l’homme d’accroître ses capacités physiques et surtout psychiques. Il est louable d’utiliser les avancées neuroscientifiques pour réparer, remplacer, voire améliorer, des ensembles neuronaux ou des circuits défaillants. Ainsi, la stimulation cérébrale profonde (SCP) de cibles appropriées contrecarre l’activité anormale qui émerge dans certains réseaux. La SCP est alors un outil thérapeutique pour différentes pathologies : douleur, maladie de Parkinson, dystonie, trouble obsessionnel compulsif, dépression… Mais elle peut être dévoyée à des fins de manipulations comportementales… Par ailleurs, le développement des interfaces cerveau-machines (ICM) a ouvert un nouveau champ de stratégies pour traiter des déficits sensori-moteurs (hémiplégie, paraplégie, maladie de Charcot…) Il s’agit d’utiliser l’activité neuronale pour interagir avec un bras ou un doigt robotique, un exosquelette, un fauteuil roulant ou un clavier pour sélectionner des lettres ou des mots.

Au-delà de ces applications pertinentes il y a le saut vers la pensée transhumaniste. Ce courant imagine la mise en oeuvre de machines productrices d’intelligence artificielle (IA) « interfacées » avec l’homme et son cerveau. Cette fusion fera de nous des êtres hybrides avec l’accés à des ressources infinies disponibles sur un « nuage / cloud ». Ainsi naîtra l’homme augmenté ou homme 2.0. La neuroéthique
sera-t-elle capable d’encadrer cette nouvelle vision prométhéenne ?

I. RÉPARER, RÉTABLIR, REMPLACER… AMÉLIORER
II. AMPLIFIER, AUGMENTER… VERS LE TRANSHUMANISME
III. BIBLIOGRAPHIE

Bernard BIOULAC

Bernard Bioulac est professeur émérite à l’université de Bordeaux. Il est également membre de l’Académie nationale de médecine

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