Recherches sur les cellules souches, précisions relatives aux statuts l’embryon et de l’espèce humaine

Auteur : Xavier Bioy

Le projet de loi de bioéthique de 2020 desserre les contraintes pesant sur les recherches relatives à l’embryon humain et crée des régimes spécifiques moins protecteurs pour les cellules souches embryonnaires et pour les cellules souches adultes induites, dont les usages en recherche n’étaient pas
régulés. L’interdiction de la recherche sur des embryons transgéniques (dont le génome est modifié) semble se lever, tandis que la possibilité de chimères avec l’animal se voit partiellement ouverte. On mesure que l’intégrité de l’embryon n’est plus la valeur éthique principalement en jeu et qu’aujourd’hui c’est la figure de l’espèce humaine qui devient la nouvelle frontière. Cependant, le fait de manipuler l’humain en laboratoire n’effraie plus, seule la naissance d’un enfant modifié heurte encore.

I. LA DIFFRACTION DES OBJETS RÉGULÉS : TOUJOURS PLUS DE L’ESSENCE DES CHOSES À LEURS USAGES
   A. La protection de l’embryon, « en soi », « pour nous » et enfin « pour lui » ?
      1. « En soi »
         a. L’interdit fondamental de la création pour la recherche
         b. La destruction programmée, éthiquement acceptée
         c. L’assouplissement des conditions de la recherche
      2. « Pour lui »
         a. Le délai de culture en recherche
         b. Le délai de conservation des embryons inutilisés
      3. « Pour nous »
         a. Le consentement parental
         b. Les principes éthiques
   B. L’embryon en recherche en AMP, un objet à reconsidérer
      1. Un accessoire de la recherche en infertilité
      2. L’embryon de la recherche clinique en médecine foetale
   C. La séparation des cellules souches embryonnaires de l’embryon lui-même
      1. La rupture du lien entre l’embryon et « ses » cellules
      2. Un régime de déclaration aux conditions allégées

II. LA PROTECTION CHIMÉRIQUE DE L’ESPÈCE HUMAINE
   A. Les réticences chimériques relatives à l’embryon
      1. L’intégrité de l’espèce
      2. L’embryon transgénique
      3. L’embryon chimérique
   B. L’encadrement spécifique des usages des iPS
      1. L’objectif de perfectionnement des iPS pour l’AMP
      2. L’autorisation de création de chimères animal-humain

Xavier Bioy

Professeur à l'université Toulouse 1 Capitole, Institut Maurice Hauriou, Codirecteur du master "Éthique (Soin et recherche)'

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