Le transhumanisme : de Julian Huxley à l’Unesco. Quel objectif pour l’action internationale ?

Auteur : Christian BYK

Julian Huxley, fondateur et premier directeur général de l’Unesco, est au cœur des débats contemporains sur la nature et les objectifs du concept de transhumanisme, dont il a employé pour la première fois le terme au début des années 1950. De ce fait, l’analyse de l’idée qu’il se faisait du transhumanisme – un outil pour améliorer la qualité de la vie et la condition de l’homme – doit conduire à nous interroger sur son héritage au regard de la philosophie qui inspire l’action de l’Unesco au moment où celle-ci vise à construire une approche globale de l’intelligence artificielle qui prenne notamment en compte des valeurs et principes d’éthique universelle et un objectif qui vise à tirer la meilleure part de l’utilisation de cette nouvelle technologie.
 


I. LE RENOUVEAU DE L’IDÉE DE TRANSHUMANISME

A. Julian Huxley et le transhumanisme au XXe siècle
1. Julian Huxley et les origines du mot « transhumaniste »
2. Julian Huxley et le transhumanisme comme projet social
a) L’homme nouveau ou comment appliquer la science afin d’améliorer la qualité de la vie et de la condition humaine
b) Une alliance ambiguë mais pragmatique

B. Julian Huxley et les fondements de la philosophie de l’Unesco
1. La rédaction du texte L’Unesco : ses buts et sa philosophie
a) La nomination de J. Huxley au poste de secrétaire du comité exécutif
chargé de la rédaction de l’Acte constitutif de l’Unesco b) Un humanisme mondial et scientifique
2. L’action de J. Huxley comme premier directeur général de l’Unesco (1946-1948)
a) La vision prospective
b) Le lien entre sciences exactes et sciences sociales

II. LE TRANSHUMANISME AU REGARD DES MISSIONS DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES

A. L’OCDE et la dimension technologique et économique
1. Promouvoir des politiques industrielles innovantes et adaptées
a) Politique de la vie en soi et redéfinition du capitalisme
b) La prochaine révolution de la production
2. Assurer la confiance dans l’IA
a) la Recommandation sur la gestion du risque numérique b) la Recommandation sur l’intelligence artificielle

B. L’Unesco et la dimension sociétale et éthique
1. La dimension éthique et plurisectorielle de l’action de l’Unesco
a) Engager les acteurs dans une approche normative de portée universelle
b) Les travaux préparatoires
2) Le processus d’élaboration d’un texte normatif de principes universels
a) Le processus normatif
b) Une démarche en recherche de consensus
 

Christian BYK

Auteur de Traité de bioéthique, Vers une nouvelle utopie civilisatrice (Collection Pratiques professionnelles)

Christian BYK, vous êtes un spécialiste connu et reconnu mondialement de la bioéthique. Qu’est-ce que la bioéthique ? Peut-on parler de bioéthique ? À quoi ça sert ?

Christian Byk : La bioéthique est une réflexion sur les pratiques nées du développement de la biomédecine ; elle vise à s’interroger sur l’équilibre entre une liberté plus grande d’intervention sur le vivant et la responsabilité tant individuelle que sociale qui en découle.

Quels sont les enjeux pour nos sociétés, pour l’Humanité ?

Christian Byk : Notre société est une société technoscientifique, c’est-à-dire qu’elle ne se contente plus de produire des objets nouveaux et en masse, comme dans la société industrielle, mais elle transforme la réalité à travers les applications de la technoscience que sont la biomédecine ou l’Internet, par exemple. Elle a ainsi tendance à « s’approprier » le vivant, y compris humain, d’où des questions juridiques, éthiques et sociales, voire anthropologique. La bioéthique a précisément pour objet de mobiliser l’ensemble des sciences sociales et humaines, trop lontemps négligées par le « modèle » de la société moderne afin de donner un « accompagnement » critique au développement technoscientifique.

En quoi votre ouvrage constitue-t-il un traité ? Qu’apportet-il à la communauté ? À qui s’adresse-t-il ?

Christian Byk : Un traité n’est pas autre chose qu’un ouvrage académique qui se propose d’étudier de façon détaillée un sujet précis. Or, la bioéthique, si elle a donné lieu à de nombreux ouvrages sur les différents aspects des sciences de la vie, voire à des analyses théoriques mettant l’accent sur telle ou telle approche, n’avait jusqu’à présent jamais fait l’objet d’une analyse pour ce qu’elle est réellement. C’est l’objet de ce livre qui s’intéresse à l’histoire et aux sources de la bioéthique, à ses outils (langage, méthodes et institutions) et au débat qui en est le fruit. À travers un regard précis et rigoureux sur ce que la bioéthique contribue à mettre en place (un nouveau droit, de nouveaux pouvoirs, la mondialisation), il pose la question de savoir quelle est l’ambition de la bioéthique et suggère que cette « reconstruction » du monde se fasse autour d’une résurgence du sens de la responsabilité. Dans cette perspective, ce livre n’est pas un ouvrage « technique » mais une clé pour la réflexion de chaque citoyen, pour qu’il perçoive qu’il y a un futur commun à l’humanité et qu’il peut y apporter sa contribution.

Thème : Éthique médicale/Bioéthique, Droit international,européen et comparé de la santé, Droit des nouvelles technologies en santé

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