Confinement et santé mentale : quand l'impensable se heurte à l'irrationnel

Auteur : Éric PÉCHILLON

Adopté en urgence pour faire face à la propagation rapide et incontrôlée d’un virus mortel, le confinement général de la population a très rapidement montré ses limites obligeant les acteurs de terrain à jongler entre injonctions paradoxales. Cette mesure de police administrative provoque des
conséquences en cascade à la fois sur les services accueillant des populations vulnérables et sur les administrés. Faute d’en avoir mesuré précisément les implications et d’avoir essentiellement usé de recommandations et avis, l’État enclenche un mécanisme décisionnel par ruissellement et un brouillage de la répartition des compétences qui rend difficile une démarche de soin construite sur la confiance et la stabilité. Le risque d’une telle méthode de gestion de la crise n’est pas minime en termes de respect des libertés, surtout pour une question aussi sensible que la santé mentale.

I. LE CONFINEMENT, UNE MESURE GÉNÉRALE DE POLICE ADMINISTRATIVE IGNORANT LES PARTICULARITÉS DU SOIN PSYCHIATRIQUE EN ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ
   A. Un changement de contexte qui révolutionne l’offre de soins en établissement : le retour temporaire aux asiles ?
   B. L’importance de l’éthique soignante en période de crise sanitaire
II. LES DIFFICULTÉS SUPPLÉMENTAIRES LIÉES À L’HOSPITALISATION SOUS CONTRAINTE
   A. La phase d’observation des primo entrants et l’organisation des soins
   B. Le maintien du contrôle juridictionnel des décisions d’hospitalisation
CONCLUSION : LE CONFINEMENT, UNE MESURE DE POLICE ADMINISTRATIVE AUX EFFETS DIFFICILEMENT QUANTIFIABLES SUR LA SANTÉ MENTALE DES ADMINISTRÉS

Éric PÉCHILLON

Éric PÉCHILLON est professeur des universités à l'université Bretagne Sud.

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