La fin de vie et l'euthanasie

Auteurs : Emmanuelle BORNER, Christian BYK, Raphaël DRAÏ, Louis DUBOUIS, Francis DUBUS, Aurélie DUFFY, Laurence GAY, Paolo GIROLAMI, Alfonso LOPEZ DE LA OSA ESCRIBANO, Dominique MANAÏ, Guylène NICOLAS, Emmanuel PUTMAN, Geneviève REBECQ, Guy SCOFFONI, Caterina SEVERINO, François VIALLA

Avec la contribution de : Gérard MÉMETEAU, Jean-Louis MOURALIS

Sous la direction de : Sophie DE CACQUERAY, Antoine LECA

La souffrance et la mort sont de toutes les époques, mais les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui le sont en des termes largement inédits. En effet, pendant des siècles, les enfants fragiles décédaient très jeunes et les gens âgés étaient rares et exceptionnels, tandis que les structures familiales et de voisinage étaient assez fortes pour prendre en charge les grands invalides. Enfin, dans une société chrétienne, sacralisant la vie, certaines tentations étaient refoulées.

Mais ce cadre historique traditionnel a été entièrement bouleversé. Les progrès réalisés ces dernières années permettent de faire accéder à la vie des enfants prématurés et de maintenir l’existence de personnes âgées et de malades invalides en situation critique. Il en a résulté un allongement remarquable de la durée de la vie. Actuellement, il y aurait dans notre pays de huit mille à dix mille centenaires et ceci n'est rien encore, lorsque l'on sait qu'une petite fille sur deux naissant aujourd'hui deviendra centenaire à l'orée du XXIIe siècle. En outre, les circonstances du décès ont changé puisque l’onmeurt davantage à l’hôpital et que les médecins sont de plus en plus souvent conduits à prendre des décisions médicales susceptibles, au minimum, d’abréger la vie de leurs patients. Dans un environnement laïcisé, la question de la fin de vie se pose donc en des termes neufs et, au nom de la dignité humaine, s’opposent les partisans et les adversaires de l’euthanasie.

Ceux qui, partisans de la pensée unique, attendaient un ouvrage univoque, un ouvrage convenu, seront déçus : ce volume a permis aux sensibilités les plus diverses de s’exprimer. Il s’inscrit dans la continuité de ce qui a toujours été la plus belle tradition de l’Université : la liberté intellectuelle et le pluralisme.

Préface (Antoine Leca)

1 - LA FIN DE VIE : ASPECTS GÉNÉRAUX
Les aspects civils de la question de la fin de vie (J.-L. Mouralis)
La mort dans la loi. De quelques relations entre la loi du 22 avril 2005 et des règles morales premières (G. Mémeteau)
Réflexions maçonniques sur la fin de vie (F. Dubus)
Qu'appelle-t-on la fin de vie ? Approches juridiques et psychanalytiques (R. Draï)
Euthanasie et dignité : entre compassion et droit (C. Byk)
La fin de vie en droit européen (L. Dubouis)

2 - LA FIN DE VIE : APPROCHES EUROPÉENNES ET COMPARATIVES
Protection embryonnaire et euthanasie : recherche sur la spécificité anglo-saxonne de la protection de la vie (G. Nicolas)
La Suisse, le pays du "tourisme du suicide" ? (D. Manaï)
Le législateur apprenti sorcier ? Pays-bas et Belgique face à la fin de vie (L. Gay)
La législation autour de la fin de vie en Espagne. une compétence partagée (A. López de la Osa Escribano)
La fin de vie en Italie (C. Severino)
L'acharnement thérapeutique et l'euthanasie, analyse d'un conflit (P. Girolami)
La fin de vie et le droit aux États-Unis
La fin de vie au Royaume-Uni (A. Duffy)
L'encadrement législatif et constitutionnel de la fin de vie en Australie, au Canada et en Nouvelle-Zélande (E. Borner)

3 - LA FIN DE VIE PROVOQUÉE : LE SUICIDE ET L'EUTHANASIE
Le suicide et le droit (E. Putman)
Dérive sémantique et instrumentalisation de l'euthanasie (F. Vialla)
De quoi l'euthanasie est le nom ou la pitié dangereuse (A. Leca)
Pour une exception d'euthanasie (S. de Cacqueray)
Le rôle de la personne de confiance dans la fin de vie (G. Rebecq)

Christian BYK

Auteur de Traité de bioéthique, Vers une nouvelle utopie civilisatrice (Collection Pratiques professionnelles)

Christian BYK, vous êtes un spécialiste connu et reconnu mondialement de la bioéthique. Qu’est-ce que la bioéthique ? Peut-on parler de bioéthique ? À quoi ça sert ?

Christian Byk : La bioéthique est une réflexion sur les pratiques nées du développement de la biomédecine ; elle vise à s’interroger sur l’équilibre entre une liberté plus grande d’intervention sur le vivant et la responsabilité tant individuelle que sociale qui en découle.

Quels sont les enjeux pour nos sociétés, pour l’Humanité ?

Christian Byk : Notre société est une société technoscientifique, c’est-à-dire qu’elle ne se contente plus de produire des objets nouveaux et en masse, comme dans la société industrielle, mais elle transforme la réalité à travers les applications de la technoscience que sont la biomédecine ou l’Internet, par exemple. Elle a ainsi tendance à « s’approprier » le vivant, y compris humain, d’où des questions juridiques, éthiques et sociales, voire anthropologique. La bioéthique a précisément pour objet de mobiliser l’ensemble des sciences sociales et humaines, trop lontemps négligées par le « modèle » de la société moderne afin de donner un « accompagnement » critique au développement technoscientifique.

En quoi votre ouvrage constitue-t-il un traité ? Qu’apportet-il à la communauté ? À qui s’adresse-t-il ?

Christian Byk : Un traité n’est pas autre chose qu’un ouvrage académique qui se propose d’étudier de façon détaillée un sujet précis. Or, la bioéthique, si elle a donné lieu à de nombreux ouvrages sur les différents aspects des sciences de la vie, voire à des analyses théoriques mettant l’accent sur telle ou telle approche, n’avait jusqu’à présent jamais fait l’objet d’une analyse pour ce qu’elle est réellement. C’est l’objet de ce livre qui s’intéresse à l’histoire et aux sources de la bioéthique, à ses outils (langage, méthodes et institutions) et au débat qui en est le fruit. À travers un regard précis et rigoureux sur ce que la bioéthique contribue à mettre en place (un nouveau droit, de nouveaux pouvoirs, la mondialisation), il pose la question de savoir quelle est l’ambition de la bioéthique et suggère que cette « reconstruction » du monde se fasse autour d’une résurgence du sens de la responsabilité. Dans cette perspective, ce livre n’est pas un ouvrage « technique » mais une clé pour la réflexion de chaque citoyen, pour qu’il perçoive qu’il y a un futur commun à l’humanité et qu’il peut y apporter sa contribution.

Louis DUBOUIS

Professeur émérite de l’université Paul Cézanne - Aix Marseille.

Paolo GIROLAMI

Paolo Girolami, médecin légiste, criminologue, docteur en éthique médicale (Université Paris Descartes), enseigne la médecine légale, le droit médical et la bioéthique en Italie et collabore avec plusieurs institutions de recherche en Europe. Il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à la bioéthique et au droit médical.

Alfonso LOPEZ DE LA OSA ESCRIBANO

Alfonso Lopez de la Osa Escribano est professeur de droit administratif à l'université Complutense de Madrid. Maîtrise en Droit et master en droit de l'Union européenne par cette même université, il effectue ses études de doctorat à Paris où il étudie un DEA sur le droit public des États comparés européens à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, université dans laquelle il soutien sa thèse sous la direction du professeur Franck Moderne, intitulée « La convergence de la responsabilité hospitalière en France et en Espagne – étude comparée ».

Professeur associé de droit public à l’université de Pau et des Pays de l'Adour (UPPA) en France entre 2013 et 2015, actuellement il est membre associé des centres de recherches « Institut d’études et Ibériques ibériques-américaines » et « Pau droit public » de cette même université.

Guylène NICOLAS

Guylène NICOLAS est maître de conférences de droit public, HDR au Centre de droit de la santé (UMR 7268, ADÉS, AMU/EFS/CNRS).

François VIALLA

François Vialla est professeur à l'université de Montpellier, directeur du Centre européen d’Études et de Recherche Droit & Santé, UMR 5815, et membre de la Structure fédérative de recherche ASMES.

Gérard MÉMETEAU

Gérard MÉMETEAU est professeur et directeur du Centre de droit médical à la faculté de droit de Poitiers. Il est co-directeur de la rédaction et fondateur de la Revue générale de droit médical, et directeur de la collection Thèses À LEH Édition. Il a été par ailleurs professeur invité aux universités de Mc Gill, Sherbrooke Pampelune et Buenos-Aires.

Antoine LECA

Antoine Leca est agrégé des facultés de droit, professeur à l’université Paul Cézanne d’Aix-Marseille et directeur du CDSA (EA n° 3242).

Thème : Droits des patients et usagers, Éthique médicale/Bioéthique

La fin de vie et l'euthanasie

33,60 €

Fiche technique

Parution numérique : octobre 2008
Version imprimée publiée
en octobre 2008

Collection : Colloques du CDSA

Support : Numérique

ISBN : 978-2-84874-225-0

ISSN : en cours

Format : 160x240 mm

316 pages