Traité de bioéthique

Vers une nouvelle utopie civilisatrice ?

Auteur : Christian BYK

La société post-moderne est une société techno-scientifique qui semble affranchir l’homme de ses limites tout en le confrontant aux conséquences globales de ses actes. Les sciences de la vie suscitent ainsi une série d’espoirs et de craintes à l’origine de la réflexion bioéthique. En ouvrant de nouveaux champs de libertés mais aussi de responsabilité la mise en application du savoir scientifique reconstruit l’organisation sociale : la famille, les liens de dépendance et de pouvoir. La formidable révolution du vivant réagit ainsi sur nos valeurs, nos institutions, mettant à l’épreuve leur capacité à maintenir le lien social. Et si la bioéthique était plus qu’un pragmatisme inventé pour « encadrer » les errements d’une technique espérée et redoutée à la fois ? Si elle était un phénomène socio-politique global, une nouvelle vision du monde, utopie civilisatrice ou, à l’inverse, mystification sociale ? Mobilisant son expérience et sa connaissance de la complexité du phénomène social qu’est la bioéthique, l’auteur en analyse et interroge avec rigueur les caractéristiques.

Il en cerne les fondements : de quelles sources la bioéthique dispose-t-elle pour nouer le débat de toute une société ? Peut-elle, par sa méthode, son langage, ses acteurs, être à la base d’une nouvelle dialectique autour des enjeux posés par la technoscience ? Et quelle est l’ambition de la bioéthique comme phénomène socio-politique ? Nous offre-t-elle une nouvelle vision du pouvoir et de ses détenteurs ? Quelle société construit-elle ? Une société du risque ? Une société où la technique refonde le droit et l’anthropologie humaine ? Une société d’instabilité qui n’est plus capable de se reconnaître dans ses valeurs et ses institutions ?

Peut-on, au contraire, espérer que la bioéthique nous aide à approfondir notre sens de la responsabilité au profit des plus vulnérables d’entre nous, des générations futures et du respect de la biodiversité et de l’environnement ? En ce sens, la globalisation bioéthique serait aussi une chance pour l’homme et pas seulement le constat d’une dynamique d’intérêts contradictoires.

Par la nature et la qualité de son analyse, cet ouvrage constitue un véritable traité de bioéthique fondamentale qui permet d’évaluer l’impact de la techno-science sur le droit et l’organisation sociale.

Introduction - La bioéthique : mythe ou mystification sociale

PREMIÈRE PARTIE - LA GALAXIE BIOÉTHIQUE : NÉBULEUSE OU CONSTELLATION ?
Titre 1 - Aux origines de la bioéthique
Chapitre 1. Genèse et histoire de la bioéthique
Chapitre 2. La bioéthique en Europe (à la fin des années 1980) : un paysage éclaté
Titre 2 - Les sources de la bioéthique
Chapitre 3. La bioéthique à la confluence des savoirs
Chapitre 4. Bioéthique et religions
Chapitre 5. Bioéthique et droits de l’homme : un mariage ambigu ?
Titre 3 - Le débat bioéthique ou comment faire face à la techno science
Chapitre 6. Faire vivre la démocratie face à la techno science : un défi au « Meilleur des mondes »

DEUXIÈME PARTIE - LES OUTILS DE LA BIOÉTHIQUE : LA CONSTRUCTION D’UNE DIALECTIQUE
Titre 1 - Refonder un discours sur la méthode
Chapitre 7. La dialectique bioéthique et le contrôle de la décision
Chapitre 8. Les trois piliers de la sagesse bioéthique
Titre 2 - Le langage de la bioéthique
Chapitre 9. La bioéthique : langage médiateur ou langage médiatique ?
Chapitre 10. Les mots de la bioéthique : faire voir la réalité ou la dissimuler ?
Titre 3 - Les institutions et les acteurs de la bioéthique
Chapitre 11. La bioéthique : une expertise pour un enjeu de pouvoirs ?
Chapitre 12. La démocratie et les institutions de la bioéthique
Chapitre 13. Les juges peuvent-ils dire la bioéthique ?

TROISIÈME PARTIE - L’AMBITION BIOÉTHIQUE : UNE NOUVELLE VISION DU MONDE ?
Titre 1 - Le pouvoir bioéthique
Chapitre 14. Le débat bioéthique : un débat politique ?
Chapitre 15. Les nouvelles cléricatures et le corps
Chapitre 16. Les enjeux de la « gouvernance » en bioéthique
Titre 2 - La normalisation bioéthique
Chapitre 17. Le monde du droit face aux sciences de la vie : société du risque, droit et démocratie
Chapitre 18. Droit et instabilité des choses humaines : la refondation du droit
Chapitre 19. Bioéthique et (r)évolution du droit de la famille
Chapitre 20. Les situations limites méritent-elles un droit ?
Titre 3 - La bioéthique : le sens de la responsabilité et de la solidarité
Chapitre 21. Réflexions sur le principe de solidarité
Chapitre 22. La responsabilité sociale fondement d’un droit civil renouvelé ?
Chapitre 23. Bioéthique et développement durable
Chapitre 24. Les comités d’éthique des pays en développement ont-ils besoin d’un cadre juridique ?
Chapitre 25. L’avenir leur appartient : le droit des générations futures
Titre 4 - La globalisation bioéthique
Chapitre 26. La bioéthique mondiale et la culture
Chapitre 27. Bioéthique et francophonie : pour une réponse à la mondialisation
Chapitre 28. Bioéthique, universalisme et mondialisation : la dynamique des contradictions
Chapitre 29. Un pont vers le futur ? L’universalisme bioéthique en contexte historique

Conclusion - La bioéthique, une nouvelle utopie civilisatrice ?

Christian BYK

Auteur de Traité de bioéthique, Vers une nouvelle utopie civilisatrice (Collection Pratiques professionnelles)

Christian BYK, vous êtes un spécialiste connu et reconnu mondialement de la bioéthique. Qu’est-ce que la bioéthique ? Peut-on parler de bioéthique ? À quoi ça sert ?

Christian Byk : La bioéthique est une réflexion sur les pratiques nées du développement de la biomédecine ; elle vise à s’interroger sur l’équilibre entre une liberté plus grande d’intervention sur le vivant et la responsabilité tant individuelle que sociale qui en découle.

Quels sont les enjeux pour nos sociétés, pour l’Humanité ?

Christian Byk : Notre société est une société technoscientifique, c’est-à-dire qu’elle ne se contente plus de produire des objets nouveaux et en masse, comme dans la société industrielle, mais elle transforme la réalité à travers les applications de la technoscience que sont la biomédecine ou l’Internet, par exemple. Elle a ainsi tendance à « s’approprier » le vivant, y compris humain, d’où des questions juridiques, éthiques et sociales, voire anthropologique. La bioéthique a précisément pour objet de mobiliser l’ensemble des sciences sociales et humaines, trop lontemps négligées par le « modèle » de la société moderne afin de donner un « accompagnement » critique au développement technoscientifique.

En quoi votre ouvrage constitue-t-il un traité ? Qu’apportet-il à la communauté ? À qui s’adresse-t-il ?

Christian Byk : Un traité n’est pas autre chose qu’un ouvrage académique qui se propose d’étudier de façon détaillée un sujet précis. Or, la bioéthique, si elle a donné lieu à de nombreux ouvrages sur les différents aspects des sciences de la vie, voire à des analyses théoriques mettant l’accent sur telle ou telle approche, n’avait jusqu’à présent jamais fait l’objet d’une analyse pour ce qu’elle est réellement. C’est l’objet de ce livre qui s’intéresse à l’histoire et aux sources de la bioéthique, à ses outils (langage, méthodes et institutions) et au débat qui en est le fruit. À travers un regard précis et rigoureux sur ce que la bioéthique contribue à mettre en place (un nouveau droit, de nouveaux pouvoirs, la mondialisation), il pose la question de savoir quelle est l’ambition de la bioéthique et suggère que cette « reconstruction » du monde se fasse autour d’une résurgence du sens de la responsabilité. Dans cette perspective, ce livre n’est pas un ouvrage « technique » mais une clé pour la réflexion de chaque citoyen, pour qu’il perçoive qu’il y a un futur commun à l’humanité et qu’il peut y apporter sa contribution.

Thème : Éthique médicale/Bioéthique

Traité de bioéthique

Fiche technique

Parution numérique : décembre 2011
Version imprimée publiée
en septembre 2011

Collection : Ouvrages généraux

Support : Numérique

ISBN : 978-2-84874-349-3

ISSN : en cours

Format : 160x240 mm

346 pages