Les scientifiques doivent-ils être responsables ?

Fondements, enjeux et évolution normative

Auteurs : Dorothée BENOLT BROWAEYS, Donato BERGANDI, Fabienne BLAISE, Jacques BORDÉ, Danièle BOURCIER, Gilles DOWEK, Anne FAGOT-LARGEAULT, Jean-Gabriel GANASCIA, Vincent GRÉGOIRE-DELORY, Caroline GUIBET LAFAYE, Frédéric JACQUEMART, Thierry MAGNIN, Amélie MAUREL, Emmanuel PICAVET, Thierry PICHEVIN, Georges-Henri SOUTOU, Gérard TOULOUSE, Dominique VERMERSCH, François WEIL

Sous la direction de : Christian BYK

La recherche scientifique et ses acteurs jouent un rôle de plus en plus important dans nos sociétés et leurs évolutions.

L’objet de ce séminaire est de rassembler les réflexions de la communauté universitaire française sur le statut des acteurs dans ce domaine, sur leurs responsabilités et leurs droits.

L’UNESCO a décidé la révision de la Recommandation de 1974 concernant la condition des chercheurs scientifiques. La Commission nationale française pour l’UNESCO s’est donné pour but d’être à la pointe de cette réflexion et de propositions concrètes. En publiant ses travaux, elle souhaite les ouvrir le plus largement possible à l’ensemble des acteurs de notre société.

Introduction
Christian BYK

Fondements de la responsabilité scientifique
Anne Fagot-Largeault

La responsabilité du scientifique au regard de la société. Pour une redéfinition des attentes
Fabienne Blaise

Vrais dangers, fausses peurs – dénoncer les impostures
Jean-Gabriel Ganascia

Responsabilité du scientifique envers la science et envers ses pairs
Georges-Henri Soutou

Le devoir d’alerte des chercheurs
Amélie Maurel

De la responsabilité éthique du scientifique
Dominique Vermersch

Quelles contributions des scientifiques à une expertise plurielle et contradictoire
Dorothée BenoIt Browaeys

La délibération et la concertation, enjeux de la responsabilité scientifique
Emmanuel Picavet et Caroline Guibet Lafaye

Nano-biotechnologies et rapport à la vie
Thierry Magnin et Vincent Grégoire-Delory

L’irrésistible ascension des comités d’éthique (en France) : voie de passage vers la société techno-scientifique ?
Christian Byk

L’impartialité engagée : objectivité scientifique et engagement moral
Donato Bergandi

Prise de décision et modélisation algorithmique
Gilles Dowek

La responsabilité du scientifique dans la connaissance qu’il élabore
Thierry Pichevin

Responsabilité implicite du scientifique
Frédéric Jacquemart

Brouillards de la science, et souci continué de clarté et d’élucidation
Gérard Toulouse

Actualité de la recommandation de l’UNESCO de 1974 et de sa mise à jour
Danièle Bourcier et Jacques Bordé

Synthèse
François Weil

Annexes

Christian BYK

Auteur de Traité de bioéthique, Vers une nouvelle utopie civilisatrice (Collection Pratiques professionnelles)

Christian BYK, vous êtes un spécialiste connu et reconnu mondialement de la bioéthique. Qu’est-ce que la bioéthique ? Peut-on parler de bioéthique ? À quoi ça sert ?

Christian Byk : La bioéthique est une réflexion sur les pratiques nées du développement de la biomédecine ; elle vise à s’interroger sur l’équilibre entre une liberté plus grande d’intervention sur le vivant et la responsabilité tant individuelle que sociale qui en découle.

Quels sont les enjeux pour nos sociétés, pour l’Humanité ?

Christian Byk : Notre société est une société technoscientifique, c’est-à-dire qu’elle ne se contente plus de produire des objets nouveaux et en masse, comme dans la société industrielle, mais elle transforme la réalité à travers les applications de la technoscience que sont la biomédecine ou l’Internet, par exemple. Elle a ainsi tendance à « s’approprier » le vivant, y compris humain, d’où des questions juridiques, éthiques et sociales, voire anthropologique. La bioéthique a précisément pour objet de mobiliser l’ensemble des sciences sociales et humaines, trop lontemps négligées par le « modèle » de la société moderne afin de donner un « accompagnement » critique au développement technoscientifique.

En quoi votre ouvrage constitue-t-il un traité ? Qu’apportet-il à la communauté ? À qui s’adresse-t-il ?

Christian Byk : Un traité n’est pas autre chose qu’un ouvrage académique qui se propose d’étudier de façon détaillée un sujet précis. Or, la bioéthique, si elle a donné lieu à de nombreux ouvrages sur les différents aspects des sciences de la vie, voire à des analyses théoriques mettant l’accent sur telle ou telle approche, n’avait jusqu’à présent jamais fait l’objet d’une analyse pour ce qu’elle est réellement. C’est l’objet de ce livre qui s’intéresse à l’histoire et aux sources de la bioéthique, à ses outils (langage, méthodes et institutions) et au débat qui en est le fruit. À travers un regard précis et rigoureux sur ce que la bioéthique contribue à mettre en place (un nouveau droit, de nouveaux pouvoirs, la mondialisation), il pose la question de savoir quelle est l’ambition de la bioéthique et suggère que cette « reconstruction » du monde se fasse autour d’une résurgence du sens de la responsabilité. Dans cette perspective, ce livre n’est pas un ouvrage « technique » mais une clé pour la réflexion de chaque citoyen, pour qu’il perçoive qu’il y a un futur commun à l’humanité et qu’il peut y apporter sa contribution.

Thème : Organisation des professions/Déontologie, Éthique médicale/Bioéthique

Les scientifiques doivent-ils être responsables ?

20,80 €

Fiche technique

Parution numérique : février 2013
Version imprimée publiée
en janvier 2013

Collection : Science, éthique et société

Support : Numérique

ISBN : 978-2-84874-454-4

Format : 150x210 mm

246 pages