La prévention algorithmique se définit comme l’association d’une collecte de données sur
des facteurs génétiques, socio-économiques et comportementaux (I) ; une prédiction par des
traitements algorithmiques des risques de survenue de la maladie (II) ; et un suivi personnalisé
pour prévenir ce qui peut l’être (III). Cette nouvelle forme de prévention s’observe dans
différents domaines depuis quelques années : oncologie, neurologie, santé mentale, gériatrie,
risque épidémique infectieux, notamment. Bien que les évidences soient encore modestes,
deux tendances se dégagent : la satisfaction des personnes engagées dans les programmes et
un moindre recours à l’hospitalisation. Plusieurs défis doivent être surmontés en vue d’une
généralisation : ceux qui ont trait aux données, leur collecte et leur traitement, et ceux qui
entourent le développement de ces programmes de prévention, les conséquences sur l’organisation
du système de soins et de la protection sociale. Mais en dépit de ces réserves, la complémentarité
de la prévention algorithmique avec les approches classiques, en population
générale, apparaît de plus en plus évidente, et arrive à un moment charnière.
Mots-clés : prévention algorithmique, collecte de données, prédiction des risques, système
de soins, complémentarité