L'influence de la judiciarisation sur les pratiques médicales.

Quand Esculape craint Thémis

Auteurs : Pierre-Edouard DESPLATS, Thierry FAICT, Nathalie FAVROLT, Laurent GERBAUD

Le phénomène de judiciarisation participe inéluctablement à une modification opportune de la pratique médicale et à une amélioration de la qualité des soins. A travers des ordonnances plus détaillées, une tenue complète du dossier médical, les patients semblent directement tirer profit de la pression qu'ils imposent. Cependant, il faut relativiser cet apparent bénéfice, la judiciarisation produisant également un certain nombre d'effets pervers. L'approche désormais défensive de la médecine contribue à augmenter les dépenses de santé : par souci d'" auto-protection juridique ", les généralistes dirigent plus facilement leurs patients vers des spécialistes, faisant ainsi passer la règle de la plus stricte économie au second plan. De même, la multiplication de pratiques telle que l'exposition aux rayons X peut favoriser le développement de certaines pathologies chez des patients à l'origine sains.

Pierre-Edouard DESPLATS

Master de recherche en droit de la santé, université Paris-VIII, interne des hôpitaux, CHU de Clermont-Ferrand

Thierry FAICT

PU-PH, chef du service de médecine légale, CHU de Clermont-Ferrand

Nathalie FAVROLT

Docteur en médecine générale

Laurent GERBAUD

PU-PH, chef du service de santé publique, épidémiologie, économie de la santé et prévention, CHU de Clermont-Ferrand

Thème : Droit médical, Droit pénal

judiciarisation dépenses de santé médecine défensive qualité de soin