Le suicide: une volonté réalisée de mourir

Auteur : Guylène NICOLAS

La liberté, valeur première de notre société, premier terme de notre devise, trouve une limite évidente dans l’autonomie de la personne sur son corps. L’emprise de chacun sur son corps se heurte au tabou absolu de la mort. Le droit à la mort, le droit de se faire mourir n’est pas la contrepartie du droit à la vie. L’intérêt des tiers, de la société, de l’État est celui de défendre la vie, de la protéger, à l’encontre même de la volonté de celui qui veut l’abandonner. Le biopouvoir impose de vivre. Or, cette volonté de mettre fin à ses jours doit-elle être entendue comme une expression libre de volonté ou doit-elle être décryptée comme un cri de souffrance rendant la vie insupportable ? Le suicide est un acte évitable de destruction auquel conduit une profonde souffrance. La responsabilité de tous, État comme employeur, est alors de protéger les personnes exposées à cette souffrance afin de préserver leur vie. Le suicide apparaît dès lors comme un nouveau risque social que la législation aide à appréhender par des mesures variées. Les responsabilités sociales de l’entreprise permettent de lutter contre les risques psycho-sociaux. Les lois de santé publique se soucient de parfaire la protection de la santé mentale. La prise en charge de la douleur physique comme de la souffrance psychique vise, ainsi, l’objectif d’une disparition de la volonté de mourir.

I. Le suicide : une volonté exprimée de mourir inacceptable ou inacceptée ?

A. L’absence de reconnaissance du droit de mourir

1. La mort à l’épreuve de la volonté de la personne

2. L’interdiction faite aux tiers de satisfaire la volonté de mourir

B. L’obligation de vivre imposée par le biopouvoir

1. La valeur supérieure de la vie

2. Les fondements éthiques de la vie imposée

II. Le suicide : une souffrance exprimée entendue

A. La prise en charge de la souffrance comme prévention du suicide

1. De la prise en charge de la douleur à la prise en charge de la souffrance

2. L’obligation sociale de protection des personnes exposées au risque de suicide

B. L’obligation du biopouvoir de protéger la vie

1. La consécration de la protection de la vie au niveau mondial

2. L’obligation nationale de protéger la vie en apaisant la souffrance

Guylène NICOLAS

Guylène NICOLAS est maître de conférences de droit public, HDR au Centre de droit de la santé (UMR 7268, ADÉS, AMU/EFS/CNRS).

Thème : Droit médical, Droits des patients et usagers, Éthique médicale/Bioéthique

Mort et droit de la santé : les limites de la volonté (n°23)

15 €

Fiche technique

Les cahiers de droit de la santé

Support : Numérique

ISSN : 2427-4836

30 pages

Page 277 à 307